Mondial 2026 : Nathan De Cat, symbole du dilemme jeunesse-expérience chez les Diables Rouges
À quelques mois de la Coupe du monde 2026, le formidable parcours de Nathan De Cat à Anderlecht relance le débat sur la place des jeunes talents au sein des Diables Rouges. Faut-il privilégier la fougue d’un milieu de terrain de 23 ans auteur d’une saison remarquable ou l’expérience de cadres établis ? Cette question met en lumière les enjeux de renouvellement générationnel du football belge.
Le phénomène De Cat : d’Anderlecht à la porte des Diables Rouges
Concrètement, la saison 2025-2026 de Nathan De Cat est jugée « exceptionnelle » par les observateurs belges. Titulaire régulier au cœur du milieu anderlechtois, il a su allier créativité, volume de jeu et maturité défensive. À 23 ans, il devient peu à peu un cadre du club bruxellois, alignant performances et régularité. Face à cette réussite, la question de son intégration au sein de la sélection nationale s’impose. Sur le plateau de « La Tribune », Nordin Jbari a insisté sur le « principe de mérite » : dès lors qu’un joueur livre une saison de haut niveau, la moindre des choses est de lui offrir une place en équipe nationale. De son côté, Philippe Albert abonde dans ce sens : exclure De Cat après un tel exercice reviendrait à ignorer un talent qui « représente l’avenir du football belge ».
Une équipe nationale en pleine transition générationnelle
En pratique, la Belgique est à un tournant. Après avoir longtemps stagné sur une génération dorée – Hazard, De Bruyne, Lukaku – les Diables Rouges cherchent à éviter le piège d’un effectif vieillissant. La Coupe du monde 2022 a montré certaines limites d’un groupe trop dépendant de cadres fatigués par les années. Les départs ou le déclin progressif d’Axel Witsel et de quelques autres cadres obligent le sélectionneur à repenser son schéma. Dans ce contexte, De Cat apparaît comme l’un des représentants de la nouvelle vague. À l’instar de Ronaldo au Brésil en 1994, qui avait été retenu malgré son jeune âge, le milieu anderlechtois pourrait incarner cette « pépite » capable d’apporter un surplus d’énergie et de fraîcheur.
Cependant, l’intégration des jeunes ne se fait pas sans risques. Les grands rendez-vous exigent une préparation mentale et une cohésion de groupe que seuls l’expérience et la complicité au fil des matchs internationaux peuvent créer. Le sélectionneur devra calibrer finement le dosage entre l’envie d’insuffler du sang neuf et la nécessité de conserver un ossature éprouvée.
Jeunesse contre expérience : le dilemme des sélectionneurs belges
Le débat qui anime les studios de télévision reflète un dilemme récurrent : faut-il couper la poire en deux ou privilégier l’un des deux camps ? D’un côté, les partisans de la jeunesse avancent l’argument du mérite sportif. À 23 ans, De Cat présente un profil complet et une forme physique optimale, atouts précieux pour la compétition à venir. Son intégration serait aussi un message fort : les performances en club sont reconnues, quel que soit le statut du joueur. « Il y a toujours une pépite dans beaucoup de sélections », souligne Jbari, pour qui De Cat doit être récompensé de son talent et de sa constance.
De l’autre, la concurrence est impitoyable au milieu de terrain belgo. Amadou Onana, Youri Tielemans, Nicolas Raskin ou encore l’inévitable Axel Witsel représentent une vestiaire d’expérience offrant une maîtrise du haut niveau. Retirer l’un d’eux pour faire de la place à un néo-international comporte un risque stratégique : un jeune peut manquer de repères, surtout si son temps de jeu se limite à des entrées en cours de match. À l’heure de cocher la liste finale, le sélectionneur devra répondre à une question cruciale : vaut-il mieux un profil prometteur ou un profil éprouvé ?
Les enjeux pour la Belgique à l’aube du Mondial 2026
À terme, la décision prendra une dimension plus large que la simple sélection de De Cat. Elle symbolisera l’orientation future du football belge. Choisir le jeune milieu anderlechtois, ce serait marquer la volonté de basculer vers une génération montante et d’offrir un temps de jeu significatif aux talents locaux. Cela pourrait aussi dynamiser l’image du football en Belgique, en montrant que les performances en Jupiler Pro League sont récompensées.
Inversement, maintenir une base de joueurs expérimentés apporterait un gage de stabilité et un bagage tactique difficile à remplacer. L’enjeu est double : préparer une équipe compétitive pour le Mondial tout en construisant une relève capable d’assumer l’après-2026. Le choix final doit donc concilier ambition immédiate et vision long terme.
En définitive, Nathan De Cat incarne ce croisement d’enjeux où se retrouvent mérites individuels, équilibre collectif et stratégies générationnelles. Son cas servira de baromètre pour mesurer la capacité de la Belgique à se réinventer sans renier son histoire de succès. À quelques mois de la coupe du monde, chaque décision de sélectionneur sera scrutée, et la présence – ou l’absence – de De Cat pourrait bien devenir l’un des symboles forts de la nouvelle ère des Diables Rouges.


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