Emmanuel De Bock quitte DéFI pour renforcer le MR à Bruxelles
Après plus d’une décennie au sein de DéFI, l’élu ucclois Emmanuel De Bock rejoint le Mouvement Réformateur. Ce passage marque un nouvel équilibre politique à Bruxelles, alors que le gouvernement Dilliès peine à consolider sa majorité après 600 jours de blocage.
Un transfert stratégique au cœur du parlement bruxellois
Emmanuel De Bock, 49 ans, a officialisé son départ de DéFI pour intégrer le MR en tant que « bras droit » de Bertin Mampaka, nouveau président du parlement bruxellois. Fort de ses dix années comme chef de groupe DéFI, il apporte au MR son expérience institutionnelle et ses convictions libérales-sociales. Concrètement, il conservera son mandat de chef de groupe communal à Uccle et son rôle de conseiller CPAS, tout en participant activement aux travaux de l’assemblée régionale. Selon le MR, ce renfort doit « valoriser ses compétences mieux que chez DéFI » et illustrer la capacité du parti à rassembler « autour d’un programme qui revalorise le travail, le sens de l’effort et l’émancipation individuelle ». Ces quelques 1 052 voix de préférence engrangées aux élections communales de 2024 soulignent la légitimité locale dont jouit l’élu.
Bruxelles sorti du blocage: le contexte d’une recomposition
Depuis plus de 600 jours, la capitale fédérale était privée d’un exécutif stable, en proie à des rapports de force complexes entre francophones et néerlandophones. Le retour au calme est intervenu en décembre 2025, avec l’élection de Boris Dilliès (MR) comme ministre-président. Ce gouvernement, fruit d’une coalition inédite, peine toutefois à démontrer son efficacité. En pratique, le MR cherche à asseoir sa majorité au parlement et à rassurer les électeurs des classes moyennes, sensibles à la promesse de réduction de l’impôt sur le travail. Dans ce contexte, l’arrivée de De Bock apparaît comme un geste politique fort pour consolider l’assemblée et accélérer le traitement des dossiers urbanisme, mobilité et social, thématiques prioritaires pour Bruxelles.
Motivations et critiques: opportunisme ou cohérence idéologique?
Emmanuel De Bock justifie sa migration par une meilleure cohérence idéologique: « J’ai toujours porté un libéralisme social économique chez DéFI qui faisait la part belle aux classes moyennes et à la diminution de l’impôt sur le travail », rappelle-t-il. Au regard de plusieurs candidatures avortées à la présidence de DéFI (2013 face à Olivier Maingain, puis en 2024 contre Sophie Rohonyi), certains pointent toutefois un opportunisme politique. Pour ses détracteurs, ce départ illustre l’émiettement des partis bruxellois et le manque de fidélité aux promesses électorales. À terme, l’enjeu sera de savoir si le MR saura capitaliser sur cette mobilité interne pour stabiliser durablement son assise ou si cette stratégie alimentera le scepticisme citoyen à l’égard des élus.
DéFI fragilisé: signes d’une érosion progressive
Le départ d’une figure de premier plan comme De Bock constitue un nouveau coup dur pour DéFI, parti déjà affaibli par des résultats en demi-teinte aux dernières élections régionales. Dépourvu de sa voix libérale et de son poids institutionnel, le mouvement bruxellois doit repenser son positionnement. À court terme, il lui faudra fidéliser ses militants et proposer une alternative crédible à l’hégémonie libérale naissante. Certains observateurs estiment que d’autres cadres pourraient suivre De Bock, mettant en lumière la difficulté de DéFI à retenir ses talents et à se projeter dans l’avenir. En interne, le défi consistera à redynamiser le discours social et communautaire, tout en restant vigilant aux alliances possibles avec d’autres forces progressistes.
Un paysage bruxellois redessiné
Avec ce nouveau renfort, le MR renforce sa domination à Bruxelles, confirmant sa capacité à attirer des élus issu·e·s de formations concurrentes. Mais cet élargissement de la majorité ne va pas sans questionnements. Comment garantir la diversité des débats parlementaires lorsque les principales voix convergent vers un même parti? Comment préserver une opposition structurée et audible face à l’hégémonie libérale? En perspective, l’équilibre politique bruxellois se jouera sur la capacité du MR à gouverner efficacement et à tenir ses promesses fiscales et sociales. À terme, l’élection de 2029 offrira un premier verdict sur la légitimité de ces transitions intra-législature et sur le renouvellement de la confiance électorale dans la capitale.


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